Juliette Piazza, diplômée de Polytech Marseille en 2014 nous présente aujourd’hui la société Inclusight, qu’elle a fondée en janvier 2017.

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Juliette, diplômée biomédicale en 2014. Je vis à Londres et j’ai créé mon entreprise début 2017 sur le thème de l’accessibilité numérique pour les personnes en situation de handicap.

Une fois diplômée, j’ai travaillé à San Francisco durant un an tout en parcourant les USA pour former des médecins. Puis, j’ai déménagé à Londres et continuer à travailler en liaison avec des hôpitaux. J’ai ensuite travaillé avec une startup française toujours dans le biomédical et j’ai eu l’occasion de participer à Techstars, un programme d’accélération.

 

  • Qu’est-ce-que Inclusight  ?

Inclusight est le premier réseau de personnes en situation de handicap animés par la volonté d’améliorer l’accessibilité numérique.

 

  • Comment vous est venue l’idée ?

Ma mère a une maladie neurodégénérative depuis l’âge de 13 ans. Elle et les technologies font deux. Par exemple, elle ne sait pas se servir d’un ordinateur car il lui est difficile d’utiliser ses mains et sa mémoire est défaillante. Le numérique qui devrait être un outil universel est une vraie barrière au quotidien pour elle.

J’ai discuté avec mon entourage professionnel et j’ai pu rapidement réaliser que les personnes qui travaillent dans les nouvelles technologies ont un mal fou à entrer en contact avec des personnes handicapées pour pouvoir avoir leur retour en tant qu’ utilisateur.

De mon côté, j’ai toujours passé beaucoup de temps dans les associations. Naturellement, il m’est donc venue l’idée d’être l’interlocuteur privilégié entre ces deux mondes.

 

  • Quels ont été les principaux obstacles et comment avez-vous réussi à les surmonter ? 

Le stress est un gros obstacle. Je suis de nature calme et ne stress jamais. Et depuis que j’ai commencé Inclusight, je ressens des pics de stress. Du coup, il a fallu que j’apprenne à les gérer. Cela passe par sortir la tête de son travail de temps en temps et faire autre chose.

D’autre part, en temps que femme, il y a plus de barrières qu’en tant qu’homme. Par exemple, en essayant de développer mon réseau, en temps que femme entrepreneur,  j’ai parfois moins de crédibilité qu’un homme qui crée son entreprise.

 

  • Quels sont vos objectifs de développement ?

J’ai un réseau de personnes handicapées, sur Londres et en Angleterre, très motivé pour améliorer l’accessibilité numérique. J’ai désormais activement besoin de financement, ce qui me permettra également de créer un réseau français. J’ai récemment rejoint le programme « Ticket for Change », donc j’ai bon espoir de me créer plein d’opportunités en France. Sensibiliser le grand public à l’accessibilité numérique me tiens beaucoup à coeur également. J’interviens déjà auprès des étudiants, mais j’aimerai en faire davantage!

 

  • Et si c’était à refaire, que changeriez-vous ?

Rien ne me vient à l’esprit. C’est peut-être trop tôt. Inventer une horloge pour ralentir le temps certainement…

 

  • Un mot pour les diplômés et étudiants du réseau Polytech ?

Partez à l’étranger! Cela permet de s’ouvrir l’esprit et de comprendre comment différents systèmes fonctionnent.

Je conseille également aux étudiants et diplômés de ne pas créer leur boîte à la sortie de Polytech. Je pense que travailler avant de monter son entreprise, permet d’acquérir de l’expérience qui vous sera utile lorsque vous déciderez de vous lancer. Je n’ai pas eu beaucoup d’expérience avant de créer ma boite, mais j’ai eu l’occasion de travailler dans des startups et d’apprendre de cela.

De plus, si la seule chose qui vous retient de créer votre boite est la peur, alors lancez-vous. Cette peur tout le monde l’a et c’est elle qui empêche pas mal de gens de se lancer

D’autre part, si vous souhaitez monter votre boite, entourez-vous bien, de façon à avoir au moins une personne qui est la pour vous soutenir quand vous aurez une période difficile.

Enfin, j’encourage toutes les femmes à se lancer dans l’entrepreneuriat!

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