Ludovic Bostral nous présente aujourd’hui l’entreprise qu’il a co-fondé, Afrostream.

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Ludovic Bostral, cofondateur et CTO d’Afrostream, diplômé de la première promotion Polytech Nantes, systèmes informatiques, logiciels et réseaux en 2000. J’ai une expérience de 15 ans dans le développement d’applications multimédia et de télévision par Internet, dont 6 ans à M6 Web, où j’ai aidé au développement des premières versions de M6 Replay, devenu 6Play, jusqu’en 2013. Puis début 2014, j’ai rejoint Tonjé Bakang en tant que fondateurs d’Afrostream.

  • Qu’est que Afrostream ?

Afrostream est le Netflix des séries et films Afro. c’est un service de vidéo par abonnement sur Internet.  Nos films viennent de toute l’Afrique à l’Amérique du Nord au Sud (Brésil), des Caraïbes, de Grande Bretagne, de la France…   Nous diffusons des films, des séries, mais aussi des documentaires, des pièces de théâtre, des dessins animés, des spectacles de stand up…

  • Comment est venue l’idée ?

Nous sommes deux fondateurs noirs Tonjé (Bakang Tonje) est Franco-Camerounais et je suis Breton, né à Vannes dans le Morbihan et noir de la Réunion par mon père. De ces origines est venu une idée simple, initiée par Tonjé : montrer des héros qui ressemblent aux gens autour de nous et particulièrement l’homme et la femme noire peu présents notamment sur les écrans français et à travers ce prisme le talent de ces réalisateurs, scénaristes, acteurs, alors que la production cinéma et télévisuelle les représentants est massive dans le monde ! D’abord aux Etats-Unis, où il existe plusieurs chaines de télévision (BET, BounceTV) et en Afrique même. Le Nigéria est l’un des plus gros producteur de films dans le monde. Il existe même un mot valise pour décrire ce phénomène : Nollywood. Et cela, nous ne pouvions pas le voir dans son exhaustivité avant Afrostream sur beaucoup de territoires dont la France. Afrostream remplit cette mission.

  • Comment ça fonctionne ?

Chacun peut s’abonner via www.afrostream.tv et nous sommes disponibles dans 28 pays, dont la France. Nous avons aussi une application pour les plateformes Android, Iphone, Ipad. Nous sommes aussi présents sur les box Internet d’Orange et de Bouygues. L’abonnement est mensuel à 6,99€, ou annuel à 59,99€.

  • Quels ont été les principaux obstacles et comment as-tu réussi à les surmonter ? 

Tonjé a initié le projet en 2013, nous avons commencé à travailler ensemble dès le début de l’année 2014. Il n’y a pas de potion magique pour créer une entreprise et la faire grandir. Nous devions convaincre les studios qu’Afrostream était une marque légitime pour les distribuer. et nous devions convaincre les investisseurs qu’un marché existait. Notre histoire s’est faite par étape.

Après notre entrée dans l’accélérateur français The Family, Tonjé a fait le tour du monde pour rencontrer les producteurs de cinéma et de télévision. Nous avons ensuite intégré l’accélérateur Orange Fab France. Puis nous avons intégré l’accélérateur américain Y Combinator, qui a notamment aidé Airbnb, Dropbox ou Reddit à être des acteurs majeurs dans leur secteur. Là-bas dans la Silicon Valley en Californie, nous avons encore acquis plus d’expérience. Et nous avons pu y lever des fonds.  Nous avons lancé la campagne de pré-abonnement le 5 juin 2015 et lancé le service le 1er septembre 2015. Très vite, avant le lancement, nous avons eu 2000 abonnés payants.

Pendant l’été 2015, nous avons construit l’équipe technique, toujours en Californie, puis nous sommes revenu à Nantes pour continuer à nous développer.

  • Quels sont vos objectifs de développement ?

Nous cherchons à être présent dans le plus de pays possibles, dans le monde anglophone notamment( Etats-Unis, Grande-Bretagne, Nigeria, Ghana, Kenya), mais aussi au Brésil ou en Angola.

Nous voulons aussi renforcer notre équipe technique car nous gérons un service dans 28 pays qui ont parfois des contraintes différentes. Nous développons dans chacun de ces pays des partenariats avec les opérateurs mobiles pour distribuer Afrostream, directement au consommateur et avec une meilleure qualité de service.

  • Et si c’était à refaire, que changerais-tu ?

Je ne referai pas l’histoire, mais si je devais commencer une autre aventure entrepreneuriale, je construirais une équipe plus grande dès le départ. Nous avons commencé à 2, puis à 4 pendant 5 mois et le rythme était pour le moins soutenu.

  • Un mot pour les diplômés et étudiants du réseau Polytech ?

A mon époque, j’étais bien trop scolaire, et je manquais de curiosité. J’ai donc pris longtemps à me mettre dans la peau d’un entrepreneur. Ce que je donnerai comme conseil, donc, c’est d’être curieux, et ne pas hésiter à multiplier les expériences. Il n’y a pas d’âge pour créer une entreprise, et ce n’est pas non plus obligatoire de le faire. Mais il y a un moment idéal pour essayer des choses différentes et c’est pendant vos études, et les premières années où vous avez votre diplôme.

Publicités